Culture organisationnelle d’ici et là-bas

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Pour ce premier mois de l’année, Noureddine, notre invité établira un parallèle entre la culture en organisation qui prévaut en France et telle qu’elle se déploie au Québec.

Avant son arrivée au Québec, Noureddine a été tour à tour enseignant d’économie, de vente, de commerce et gestion en France. Il a travaillé dans les RH et organisé des voyages pour les étudiants. Mais avant, il effectuera un stage Aux Comores pour le compte de l’entreprise Coca-Cola. Un parcours fort intéressant qui lui permet, aujourd’hui, de nous parler de la culture organisationnelle dans les pays où il a séjourné.

Culture organisationnelle Comores vs France vs Québec

Les Comores

 « La culture d’entreprise dans le pays est encore embryonnaire. Les gens ont encore besoin d’encadrement et manquent de qualifications. Les responsables travaillent dur pour en former. Ce qui n’est pas pareil en France.

La France

En France, les gens sont qualifiés. Ils travaillent forts et la culture organisationnelle dans le secteur privé se rapproche de ce qui se fait dans les pays anglo-saxons. Je prends l’exemple du tutoiement : on observe des changements progressifs à ce niveau. Je me souviens qu’en 2009 alors que j’effectuais un stage, le directeur de l’organisation au sein de laquelle j’étais stagiaire, préférait que je le tutoie.

Cependant, malgré cette légère ouverture dans la communication interne dans le secteur privé, les rapports restent encore très marqués dans le secteur public par la position hiérarchique des uns et des autres.

L’autre différence avec le Québec, c’est le fait qu’en France, l’accès à l’emploi est tributaire du diplôme. Mais, il existe une donnée complexe et même contradictoire : le fait que l’on attende en même temps du nouveau diplômé, qu’il ait une expérience professionnelle. Donc, même diplômé et sans expérience professionnelle, on est en difficulté. Idem pour celui ou celle qui a une expérience professionnelle mais, ne possède pas de diplômes. Cela renvoie finalement à l’allégorie du serpent qui se mord la queue. Globalement, c’est une situation qui affecte en majorité les étrangers.

Le Québec

Au Québec, de manière générale, le tutoiement est de mise dans le monde professionnel, sauf, quelques exceptions. C’est mon constat. Je me rends compte, par mon expérience, que de nombreux employeurs et responsables d’organisation n’hésitent pas à utiliser cette forme de communication qui, finalement, casse les barrières. L’un des principaux avantages étant la décrispation de l’ambiance au sein de l’organisation.

L’autre chose, c’est le fait que contrairement à la France, l’accès à l’emploi  au Québec n’est pas conditionné au diplôme. Le diplôme est certes important, mais le savoir-faire garde une place prépondérante.

Au Québec avec ou sans diplôme, bien que venant de l’extérieur du pays, on t’offre une chance. Il arrive parfois que ton diplôme ne soit même pas pris en compte. On veut juste savoir si tu es apte à donner le meilleur de toi. De plus, si tu démontres des capacités, tu peux aller plus haut et plus loin dans l’organisation. Ce qui n’est pas souvent le cas en France ».

Propos recueillis par Marie Gisèle M.