La vie organisationnelle ici vs là-bas

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Vénézuela VS Québec

A travers la rubrique vie organisationnelle ici vs là-bas, nos différents invités sont amenés à nous parler de la culture en vigueur dans le monde du travail, du pays dans lequel ils ou elles ont vécu avant leur installation au Québec.

Pour ce mois de mars 2020, Jamila Esteves compare en quelques points, la connaissance qu’elle a de la vie en organisation au Vénézuela avec la réalité du fonctionnement en organisation, ici au Québec.

1. Le tutoiement / les rapports hiérarchiques

Tout comme au Québec, le tutoiement est de mise en milieu professionnel au Vénézuela.

Dans le cadre des rapports entre collègues de service par contre, on note une grosse différence. Au Vénézuela, ils sont plus chaleureux de manière générale, y compris avec le boss. Mais sans verser dans la familiarité. Il se crée très souvent des liens très étroits entre collègues de travail. Au fil du temps, Ils deviennent comme les membres d’une famille et se retrouvent hors du cadre de travail, lors des évènements importants de la vie.

Ce qui n’est pas le cas ici au Québec. J’ai constaté une nette séparation entre la vie privée et la vie professionnelle. Les gens peuvent certes, avoir de bons rapports, mais de manière générale, ils conservent une certaine distance. On dirait qu’il se dresse toujours comme une ligne invisible pour vous rappeler que vous êtes collègues de travail.

Une chose que j’apprécie au Québec et qui n’existe pas au Vénézuela, ce sont: les formules 5 à 7.

2. La gestion du temps

L’une des principales choses qui m’a interpellé et qui constitue une différence majeure entre le monde du travail au Québec et le monde du travail au Vénézuela, c’est la conception et la gestion du temps.

Au Vénézuela, on est plus regardant sur la qualité du résultat plutôt que sur la manière dont un employé gère son temps. La culture ambiante est portée sur le perfectionnisme. L’accent est mis sur l’excellence dans l’accomplissement d’un service au détriment du temps qu’on a mis pour l’accomplir. Je m’explique: en tant que cheffe d’une entreprise qui faisait dans la vente de maillots de bains, il m’est arrivé d’annuler un évènement parce que les articles confectionnés, ne correspondaient pas au modèle pensé au départ. Il fallait que le travail final soit la réplique «exacte» du modèle pensé. Ce qui n’est pas envisageable ici.

L’un des aspects qui m’a marqué dans le monde du travail au Québec, c’est cet accent que l’on met à atteindre les objectifs en un temps bien défini. Les mandats doivent être remplis a temps et les délais respectés. S’il arrivait qu’il y ait un inconvenant, on trouve le moyen de s’ajuster sans nécessairement paralyser ou interrompre une activité. Je trouve ça excellent.

3. Rapport diplôme / compétences

Au Vénézuela, l’accès à un poste est très souvent tributaire du niveau de scolarité. Il arrive que face a deux candidats à un poste, le plus diplômé soit privilégié au détriment du plus expérimenté. C’est ainsi que des diplômés sans expériences sont souvent préférés aux personnes ayant plusieurs années d’expériences mais, n’ayant pas le diplôme souhaité pour occuper la fonction.

Ce qui n’est pas le cas au Québec. Cela m’a d’ailleurs déconcerté les premiers mois suivant notre installation. Je pensais que le fonctionnement était le même mais, quelle n’a pas été ma surprise lorsque je me suis rendue compte que le savoir-faire avait une valeur comparable au diplôme! Je trouve vraiment cette manière de faire motivante.

Une autre particularité du système que j’ai trouvé intéressante, c’est le fait que l’on puisse accéder à des formations payées par son employeur.

Pour conclure, je peux dire que ce sont là quelques différences que j’ai identifiées concernant les fonctionnements organisationnels du Vénézuela et du Québec. Il en existe certainement d’autres mais, j’ai présentées celles que je trouve frappantes.

Réponses recueillies par Marie Gisèle M.