Québec en fête : Portraits croisés. Nathalie Laberge

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A L’occasion de  la Saint-Jean-Baptiste, fête nationale du Québec, qui est célébrée le 24 juin de chaque année , il nous a paru opportun pour ce mois de juin, de croiser les portraits de deux actrices importantes qui illustrent parfaitement l’actualité de la province : l’une symbolise, le monde de l’entreprise tandis que l’autre représente, le rêve de tout québécois venu d’ailleurs, qui est de se réaliser dans le domaine de son choix dans son pays d’adoption.

Une cheffe d’entreprise réaliste face à l’offre du monde du travail.

Nous vous invitons à découvrir en premier: Nathalie Laberge, copropriétaire de LGP Communication, une entreprise qui emploie une dizaine de personnes et dont les bureaux sont implantés dans la région de la capitale nationale. Dans cet article, nous abordons avec elle,  la question de la réalité du monde professionnel québécois versus employeur et celles liées à l’embauche de la main d’œuvre immigrante..

Bonjour madame Laberge, merci de nous recevoir  pour partager avec  nos lecteurs  la réalité quotidienne d’un employeur québécois dans un contexte économique marqué par la pénurie de la main-d’œuvre.  Pour commencer : Qui est Nathalie Laberge?

Je suis codétentrice de l’entreprise LGP Communication qui a été fondée par ma mère et ma tante (dont j’ai repris les parts). Je suis rentrée dans l’entreprise en 1991, à la fin de mes études à l’université McGill.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous investir dans le monde des affaires, sachant que c’est un monde âpre et exigeant difficilement conciliable avec une vie de famille. Surtout pour une femme?

Au départ, je travaillais partiellement dans l’entreprise alors que j’étais étudiante pour venir en aide à ma mère. Mais avec le temps, je me suis prise au jeu et une fois ma formation achevée à MC Gill, j’ai trouvé naturel de m’y investir totalement. D’autant plus que cela me permettait de concilier emploi et vie privée. Ça n’a pas toujours été facile parce que j’avais deux enfants en bas âge. Heureusement mon époux et moi avions réussi à nous organiser de sorte qu’au-delà de nos activités, nous puissions être présents pour nos enfants et garder une vie de famille équilibrée.

Après ces années en tant qu’administratrice, quelle comparaison faites-vous entre le marché du travail d’hier et celui d’aujourd’hui au Québec ?

Après toutes ces années d’activités, je constate que, suite à la conjoncture exceptionnelle que connaît le marché du travail au Québec aujourd’hui, de nombreux jeunes québécois se font prier pour travailler. Ils n’hésitent pas à aller voir ailleurs, si les conditions de travail  leur plaisent plus. Il y a encore une dizaine d’années, la seule envie que nous avions, c’était de trouver une organisation au sein de laquelle nous pouvions nous insérer. Or, aujourd’hui le jeune exige un emploi  d’excellente qualité avec tous les avantages qui vont avec.

Êtes-vous également confrontée au  problème de recrutement et de rétention de la main-d’œuvre que connaissent de nombreux autres employeurs dans la  province, dans leurs secteurs d’activités ?

Oui. Comme de nombreux employeurs, j’ai de la difficulté à recruter et le second défi est de garder les personnes que nous avons réussi à recruter. Notamment dans un secteur d’activités comme le mien, où la demande en main-d’œuvre est forte.

Quelles sont les raisons qui justifient de telles difficultés alors que la province a accueilli de milliers de personnes immigrantes ces dix dernières années ?

Je pense qu’elles sont beaucoup plus d’ordre administratif. Le temps que les procédures administratives aboutissent, de nombreuses entreprises se trouvent déjà en difficulté. En effet, la lenteur des procédures administratives dans la validation de l’accessibilité de candidats potentiels à un certain type d’emplois encadrés par la législation en vigueur décourage nombre d’entrepreneurs et provoque une tension au niveau du recrutement.

Pensez-vous qu’une solution à ce problème soit possible ? Quelles sont vos suggestions ?

Si les délais étaient raccourcis et les conditions assouplies, ce serait déjà un début de solution  pour de nombreuses organisations.

Avant de conclure, pour le lecteur qui aimerait mieux connaître votre organisation, qu’est-ce que LGP Communications ?

LGP est une entreprise de services, spécialisée en gestion des appels. Pour d’aucuns, nous servons  de réceptionniste à distance et pour d’autres de  centre d’appel. Nous sommes une relève téléphonique ou encore un centre de services téléphoniques aux entreprises, quelle qu’en soit la taille. Notre service est en activité 24 h / 7, les jours fériés compris.

Avez-vous un profil particulier d’employés par lesquels vous êtes intéressées ?

Toute personne qui a le profil qui correspond à l’emploi, est la bienvenue.

Pour terminer, nous supposons qu’en tant qu’employeur, vous comptez des personnes immigrantes dans vos effectifs ? Quels conseils pouvez-vous donner à ceux qui hésitent encore à en embaucher dans leur entreprise ?

En employant les personnes immigrantes, je  me suis rendue compte que nombreuses d’entre elles ne demandent qu’à se voir offrir l’opportunité qui leur permettrait de mettre à contribution, leur compétence. Et sur ce plan, je dois dire que je suis satisfaite. Mon conseil aux autres employeurs est qu’il ne faut pas hésiter à s’offrir ces qualifications qui sont à notre portée sur le territoire provincial surtout, en ces temps où il n’est pas aussi évident de trouver des personnes disponibles.

Entretien mené par Marie Gisèle M.