Janvier 2020 avec Noureddine Abdallah ou les clés d’accès à la réussite

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Ce mois, votre magazine vous amène à la découverte d’une personne qui a connu un parcours assez atypique. Elle a plusieurs cordes à son arc, pour s’être investie dans plusieurs domaines d’activités. Notre premier invité de l’année est conseiller financier à la Banque Nationale du Canada. Nous vous invitons à découvrir Noureddine Abdallah.

Bonjour Noureddine, merci de nous recevoir pour partager avec nos lecteurs, votre histoire, votre parcours. Pour commencer, qui est Noureddine Abdallah ? De quel pays, êtes-vous originaire?

Je m’appelle Noureddine. Je suis originaire des Comores plus précisément, de l’île d’Anjouan. Je suis le deuxième né d’une fratrie de trois (3) dont un demi-frère, qui est notre aîné. Père de deux (2) enfants, j’habite la ville de Québec et y travaille depuis peu comme conseiller financier dans une succursale de la Banque Nationale du Canada.

Pouvez-vous nous conter votre parcours d’immigration ? Et pourquoi avoir jeté le dévolu sur le Québec ?

En fait mon parcours d’immigration est assez particulier. Si je dois situer les choses, je repartirai à la genèse de mon départ des Comores en 1999.

Tout débute avec la tentative de coup d’état du 5 décembre 1998 à Mutsamudu, la capitale d’Anjouan. Lors de cette opération née d’un mouvement séparatiste, mon père qui était directeur d’une agence locale de la banque BIC Comores avait été pris en otage avec ma mère, ma grand-mère et mon demi-frère. Heureusement pour ma petite sœur et moi, nous étions absents. À la suite de cet événement nous nous sommes tous réfugiés à Mayotte, puis avons rejoint la Grande Comore. Toutefois, face à ce malaise qui allait grandissant entre le pouvoir de Moroni et l’île d’Anjouan qui souhaitait se rattacher à la France, mes parents décidèrent de nous envoyer ma cadette et moi en France afin que nous puissions poursuivre sereinement nos études.

En février 1999, nous quittions les Comores pour la France : moi chez mon oncle maternel, et ma cadette, chez mon oncle paternel. En résumé, la France a été mon pays de résidence officielle pendant 17 ans, de février 1999 à Juillet 2016. Cependant j’ai effectué des séjours plus ou moins longs à l’étranger dans le cadre des études et de stages.

Pourquoi le Québec ?

Le choix d’immigrer au Québec part de mon premier contact avec la province en janvier 2010. J’y étais venu pour effectuer un semestre alors que je complétais une maitrise en administration et gestion des entreprises, dans le cadre d’un programme d’échange interuniversitaire. Une filière qu’on retrouve, ici au Québec dans la concentration « Administration des affaires ». C’est donc dans le cadre de cet échange que j’ai pu découvrir le mode de vie et la culture de la province, du moins de la ville de Québec. J’ai été séduit par l’ouverture et la simplicité des populations. Comme à la même époque, une de mes tantes venait également de s’y installer avec sa famille, j’en ai profité pour en savoir un peu plus sur la procédure d’immigration. C’est donc ainsi, qu’une fois de retour en France à la suite de ce séjour, j’ai entamé la procédure de résidence permanente.

Après quatre (4) ans de vie dans la province, pouvez-vous brièvement dresser un bilan de votre séjour et nous dire si ce projet tient finalement ses promesses ?

Je vous réponds sans hésitation aucune, absolument. Je ne regrette pas du tout, mais alors, vraiment pas, d’avoir quitté la France pour le Québec. Vous savez, ce que j’ai réalisé pratiquement en quatre (4) ans à Québec, je n’ai pas pu le faire en plus de dix (10) ans de vie en France.

Je m’explique : je suis arrivé à la fin du printemps et j’ai débuté quelques semaines plus tard comme agent de collection (recouvrement) chez Nordia Inc. une entreprise crée en 1999 et la plus importante en matière de fourniture de solutions et services à la clientèle au Canada.

J’y ai gravis les échelons jusqu’au poste de team Manager en moins d’un an au département de Collection du Service à la clientèle de Bell. Mon aspiration profonde ayant toujours été de travailler pour une institution financière comme mon père. J’ai appliqué pour un poste ouvert de conseiller financier à la Banque nationale et j’y ai été retenu.

Justement nous allons nous intéresser à cette fonction. Pour ceux qui vous découvrent, qu’est-ce qu’un conseiller financier ? Pouvez-vous nous parler de votre journée type ?

La mission d’un conseiller financier est d’offrir un service de conseil irréprochable et de qualité, adapté et personnalisé à chaque client en tenant compte des spécificités  et particularités de chacun. Pour cela, un conseiller financier doit être à l’écoute de son client, agile, proactif, rigoureux, avoir le désir d’aider et guider son client pas à pas, afin de contribuer à la réalisation de ses rêves et ses objectifs, Bref, de ses projets d’avenir.

Pour me résumer, je dirai qu’un conseiller financier doit pouvoir établir un climat de confiance avec son client, et ce sont les actes qui détermineront si un client juge son conseiller digne de confiance ou non.

Si nous nous en tenons à votre parcours professionnel depuis votre arrivée au Québec, nous constatons que vous êtes entré en emploi quelques semaines seulement après votre installation. Devons-nous conclure que les problèmes de discrimination à l’embauche n’y existent pas ? Quels conseils donnez-vous aux personnes immigrantes qui déclarent avoir été confrontées à cette situation ?

Tout est question de corrélation entre l’offre et la demande mais également de réseautage, ceci est indéniable. Pour ma part et par rapport à mon expérience personnelle ici à Québec je n’ai pas vécu de discrimination à l’embauche. Mais je ne peux pas prendre mon cas pour une généralité, par respect pour ceux qui l’ont peut-être vécu.

Je ne suis pas forcément un exemple, mais je suis d’humeur optimiste. Si je peux donner un conseil aux personnes immigrantes avec beaucoup d’humilité et de respect, c’est de toujours garder en tête l’objectif qui a motivé chacun d’entre nous à immigrer au Canada. Car une fois arrivé, on ne peut pas se permettre de faire machine arrière. Il faut continuer le cheminement, apprendre les codes du pays et ses valeurs pour mieux s’intégrer au système. Surtout, en cas d’une mauvaise expérience ne jamais se décourager, ne jamais baisser les bras. Au contraire, en tirer des leçons et avancer. Il faut toujours se préparer à toutes les éventualités, et ne pas oublier que le plus dur c’est ce qu’on a traversé comme épreuves avant d’arriver jusqu’ici. Rien n’est facile dans la vie, mais le meilleur est toujours à venir.

Pour clore notre entretien, quels conseils donnez-vous donc aux personnes immigrantes nouvellement installées dans la province ?

Ne pas oublier qu’on est tous une richesse culturelle. Être nouveau venu dans une société, implique une transition naturelle, un temps d’adaptation, peu importe le lieu où le pays où l’on se trouve. Il faut toujours faire le premier pas vers les autres, assurer son intégration par les services mis à notre disposition. Faire ses preuves, se démarquer et se faire accepter. Le reste suit son cheminement. Enfin, il est très important d’être ouvert d’esprit et d’avoir confiance en Soi. Merci à Intégrer pour cette invitation.

 

Entretien mené par Marie Gisèle M.