Mireille Mpere, Le Québec : là où paix rime avec créativité

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Les vacances sont derrière nous, les courses de préparation pour la rentrée scolaire sont elles aussi achevées; Grands comme petits sont désormais pleinement plongés dans leur activité respective. Nous voici en octobre. Un mois symbole de nouvelle saison : l’automne, de nouvelles tenues, un mois qui nous rapproche de la fin d’années et des célébrations qui y sont associées.

Pour ce mois d’octobre 2019, Integrer a choisi de vous faire connaître madame Mireille Mpere. Mireille est cofondatrice et Designer en chef de Zympala; une marque de vêtements haut de gamme pour femmes et hommes. Nous vous invitons à découvrir son portrait :

Bonjour madame Mpere, merci de nous recevoir pour partager avec nos lecteurs, votre histoire; votre parcours.

Pour commencer : Qui est Mireille? De quel pays, êtes-vous originaire?

Je suis Mireille Mpere, designer et co-fondatrice de Zympala. Je suis originaire de la République Démocratique du Congo (RDC). J’ai 39 ans et suis mariée à Jean-Claude TSHIPAMA depuis plusieurs années. Mère de 3 enfants, ma famille et moi vivons à L’Épiphanie dans la province du Québec au Canada. Je suis une passionnée de la mode et des vêtements. Après mes études à l’institut des Arts et Métiers à Kinshasa, RDC ; j’ai poursuivi un baccalauréat en design de Mode : concentration gestion industrielle de la mode à l’Université du Québec à Montréal.

Depuis combien d’années, vivez-vous au Québec ? Pourquoi avoir choisi cette province comme lieu d’ancrage ?

Nous sommes installés au Québec depuis 2012, à la suite de l’obtention de notre résidence permanente. Mon mari et moi avons porté notre choix sur le Québec parce que cette province représente pour nous, un havre de paix. Mieux, une terre d’accueil et d’opportunités. Au plan socioculturel, le Québec est un carrefour entre les valeurs sociales européennes et le capitalisme nord-américain. Pour nous qui voulions réaliser notre rêve et voir nos trois enfants grandir en toute quiétude, nous bénéficions ici d’une qualité de vie familiale exceptionnelle.

Comme nous l’avons signalé d’entrée de jeu, vous êtes designer de mode. Pour ceux qui vous découvrent, pouvez-vous nous parler du projet Zympala et de son origine ?

Mon rêve a toujours été de créer une marque de vêtement haut de gamme pour femmes et hommes. Des vêtements avec une touche d’originalité qui s’inspire de l’héritage culturel, historique, social, géographique de l’Afrique. De par mes origines, je voulais mettre en avant les richesses du sol et du sous-sol de notre beau continent qu’est  l’Afrique.

Les vêtements Zympala apporte donc une valeur AUTHENTIQUE, ils racontent l’histoire de la richesse Africaine. Avec Zympala, plus qu’un vêtement, c’est tout un PATRIMOINE qui donne un sentiment de NOBLESSE que l’on arbore. Ce sont des vêtements qui redonnent la confiance en soi, tout en faisant ressortir la beauté cachée, enfouie et dissimilée de la personne. L’autre valeur de Zympala, c’est de donner à l’autre. À travers sa fondation, Zympala vient en aide aux jeunes filles discriminées à travers la réinsertion scolaire.

Pour ce qui est de l’origine du projet, Il s’agit de préciser que c’est la recherche de l’équilibre familial qui a rendu possible la naissance de Zympala, le 15 Décembre 2016. Cette naissance est à proprement parler, une histoire d’amour qui tient son existence de Jean-Claude, mon mari et moi. Il s’est joint à mon rêve de créer une marque de vêtements pour femmes et hommes.  Nous avons unis nos forces : lui en tant qu’homme d’affaire expérimenté et moi, en tant passionnée de design et de couture. Et, Zympala est né.

À travers Zympala, à quel type de clientèle vous adressez-vous ?

Les Vêtements Zympala visent les clients citadins, urbains, actifs, professionnels et internationaux qui veulent être différentes et se distinguer. Cette clientèle se retrouve dans les grandes villes du monde en Amérique du Nord, en Europe et en Afrique. Une petite anecdote à ce sujet :

Madame Dominique Anglade, ex vice-première ministre  du Québec a découvert Zympala de manière quasi fortuite. Elle a apprécié le style de vêtements que je conçois. Étant donné son statut de femme active, elle a besoin d’être élégamment vêtue au quotidien. À cet effet, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et je lui ai confectionné des robes sur mesures de ma collection Harmony. Elle les a tellement appréciées, qu’elle en a parlé à la presse ; ce qui n’a pas manqué de générer de l’attention et de l’intérêt.

Avez-vous fait face à certaines difficultés pour démarrer votre entreprise ? Si, oui pouvez-vous nous en parler ?

Oui, au départ j’ai connu de nombreuses difficultés. La première vient du fait qu’en tant que femme, il me fallait trouver un équilibre entre ma passion, ma vie professionnelle et ma fonction de mère. Le second défi était d’apprendre le langage des affaires en usage au Québec/Canada. Je dois avouer que le vocabulaire des affaires ici est un vrai défi pour un immigré. Enfin, il m’a fallu faire face au défi du réseautage : l’intégration dans le monde des affaires est ardue si l’on n’a pas étudié ou travaillé au Québec. Il devient alors indispensable de se trouver à la bonne place pour obtenir l’information utile.

En tant que femme issue d’une minorité racisée, quelle est votre expérience sur la question de la discrimination souvent décriée contre les personnes originaires d’Afrique?

Je dois avouer que je n’ai jamais véritablement été confrontée à un problème de discrimination à cause de mes origines africaines. Même si le phénomène existe, faut pas le généraliser non plus.

Pour clore notre entretien, quels conseils donnez-vous donc aux personnes immigrantes nouvellement installées dans la province ?

Mon conseil aux personnes immigrantes nouvellement installés dans la province est le suivant : compte tenu du fait que vivre au Québec est un choix de vie, il leur revient de s’impliquer dans tous les secteurs de la vie québécoise. Ce qui constitue pour elles, la meilleure façon d’apprendre sur leur nouveau pays d’adoption. En procédant de la sorte, elles offrent également l’opportunité aux Québécois natifs de découvrir les valeurs  qui sont autres que les leurs.

Entretien mené par Marie Gisèle M.